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Un certain art contemporain

Ode à la forme et au sensible

Du Jourdain au Kongo et du Congo à Notre-Dame de Paname à Courroux sur l’île de Guyane

Note de lecture à propos de Bernard Stiegler

Ha : Ha ! Vous vous dîtes donc télépathe ?

En ligne, en rang, en joue ?

Lettre poème en prose

Les Véritables Vœux de l’affront national

Communiqués officiels de la Conférence du 421 climatique

il n’y a plus rien.....

Le pilotage d’un drone militaire : destruction virtuelle ou crime légal off-shore.

La Querelle des Modernes et des modernes

PRÉLIMINAIRES de Miguel Amoros

Effort et Destin ou L’homme propose, le Ciel dispose

Florilège de Bertrand Russell

carré blanc et boules blanches

De l’illettrisme

Florilège de Walter Benjamin

ZZZ jeu surréaliste

Communautés 68 et après !

Que l’humour est-il devenu ?

Folie ou non-folie

Poème numéro 1

Poème numéro 2

Mesdames, Messieurs les législateurs...

il n’y a plus rien.....

Hommage à Léo Ferré.

Il n’y a plus rien. Rien de rien. Mais… ?

"La liberté civile et politique est dans le coma."

Comme les sans-culottes de 1792, notre patience est à bout. Nous voulons unir la théorie et la pratique afin de dépasser avec cohérence, intégrité, lucidité le perpétuel présent du spectacle capitaliste et de ses misères afférentes, par une pensée critique outillée et une juste dimension humaine dans des relations saines et équilibrées. Nous nous devons de nous approprier les philosophies politiques et économiques afin de bâtir une véritable praxis ancrée dans l’histoire qui mette nos actes en accord avec notre pensée de critique sociale en évolution, avec nos vies quotidiennes de mœurs dignes libres et civilisées. Conquérir une humanité où les humains ne survivront plus mais créeront des liens indépendants sans zapping interpersonnels et des moments poétiques, humanistes, spirituels, matérialistes à un Monde nouveau. Avoir une dynamique qui ne s’enterre point dans la désublimation positive faite d’un consumérisme béat de substitution des choses et des gens. Cette dynamique se veut une recherche créative manuelle et intellectuelle comme une sorte de polytechnique ouvrière sans l’encombrement des gadgets techno-scientifiques actuels. Aller ainsi vers un mieux-être collectif et individuel en harmonie avec le respect du bien commun. Accorder une place importante à la rationalité de la raison. Se référer au Sensible dans la contemplation de la nature et de ses leçons de choses ainsi que dans le désir de méditation solitaire et de paresse après l’effort. Traiter les informations et les observations sans ménagement en faisant des tris par rapport à la surinformation et la sursocialisation. Établir des dialogues interindividuels sans peur de la controverse et qui sortent de l’obscurantisme irrationnel de la pensée magique mise en œuvre dans les médias numériques, les rumeurs d’Internet et la langue des managers ainsi que dans le consentement en l’état de l’ordre établi et de la réification des êtres et de la Nature. Au même titre que les objets et les cailloux sont inertes et manipulables ; les êtres et la Nature sont dans une dynamique en mouvement Les êtres sont en échange énergétique avec la Nature. La propagande mercantile aliénante et le commandement injonctif paradoxal sournois tendent à vouloir nous soumettre avec notre consentement hypnotisé au règne de la survie. Les managers, classe supérieure intermédiaire et véritables contremaîtres et relais de communication dans la superstructure entre la société civile, l’Etat et les entreprises, pratiquent une langue domestiquée impérative de donneurs d’ordres à la cool pour mieux duper et être obéis et compromettre en échange de fauteuils éjectables ou de strapontins précaires. Un poste de labeur est un poste de "spécialiste" polyvalent interchangeable, toujours évalué jamais récompensé,. Le travailleur "spécialiste" est un consommateur - producteur, soumis à des changements systématiques promotionnels des emballages d’ersatz, des petites histoires Tendance, de noms de marques à carambouille, de culture d’entreprise gnangnan, de comportements éphémères copiés de comédiens de la gentry conformistes ou anticonformistes selon des choix égocentriques marchands profitables à très très court terme. Le salarié en devient esclave y perdant son bon sens et n’y retrouvant aucun sens commun. C’est une soumission involontaire demandée à l’excroissance économique mortifère. Ce sont finalement : « carotte et bâton » le salaire du travail mort vivant pour le profit et uniquement l’objectif de profit à court terme. Nous voulons nous motiver pour notre bien-être, mieux-être et être car nous ne supportons plus la manipulation qui démotive de la vie libre entre égaux fraternels sobres. Nous ne voulons pas posséder des motivations de girouette dictées par le marché de l’emploi et les trafics de marchandises légaux ou illégaux dont nous sommes bassinés. Les injonctions paradoxales de changement dans la continuité nous horripilent. Nous voulons changer la Vie et transformer le monde. Ce n’est pas une évolution sociale qui nous est proposée collectivement mais un repliement sur un isolement de monade et une adaptation sans évolution humaine historique. La faillite de cette société marchande faite de consumérisme de masse, de production obsolescente exponentielle programmée et du retraitement profitable vert de ses déchets, nous nucléarise, nous atomise et nous nomadise par l’exploitation des nantis sous le feu des lumières artificielles de ce cauchemar climatisé.

Rien dans les mains rien dans les poches, tout dans la tête. A la frontière de l’imaginaire du Monde du rêve utopique et du Vieux Monde ; les douaniers cerbères posent la question : « Votre nom ? Capitaine Ludd ! Allez passer ! ». Et, nous fûmes 9 milliards à soulever le Vieux Monde !

Car, il n’y a vraiment plus rien de rien. Si ce n’est des mots, des mots. Mots clinique, froids, enjôleurs, hygiéniques, sans affects, sans sentiments. C’est Normal ! Nous sommes en train de repeupler l’abîme de notre supposée inhumanité de futurs cyborgs, mutants mais point : d’êtres humains. Le sens des mots n’a plus de signification dans la nouvelle langue cosmopolite des managers dirigeants internationaux. Blanc peut vouloir dire noir, et noir, blanc. Deux et deux peuvent être cinq dans la calculette mais dorénavant ce n’est plus quatre ou alors c’est que ça rapporte à quelqu’un à vos dépends.

Nous aurions pu réinventer le bleu du ciel mais le bleu est devenu gris et le blanc des nuages, moutarde : de soufre, de pestilence carbonée, de pluies acides, de méthane etc. et de radioactivité inodore, invisible, sans saveur...

Les mots ne servent plus la poésie et la poésie sert nos maîtres en étant supposée nous distraire, toujours être en distraction et en loisirs laborieux consuméristes. La poésie est automatisée grâce au choix aléatoires d’une informatique globalisée et régentée. Les poètes sont devenus des informaticiens de data center et d’autres niaiserie informatiques, numériques, bio politiques. Le poète contemporain joue du clavier et de l’écran et de la mémoire des datas center comme un bouffon, guère drôle. Le poète contemporain manie l’inconscience historique à l’alchimie, la symbolique, les catalogues de livres numérisés universitaires, populaires, antiques, récents, subversifs, réactionnaires et le dictionnaire de rimes pour faire joli. dans un mélange qui ressemble au rata des cochons mais nous savons qu’il existe une philosophie du porc.

L’enseignement de l’ignorance universelle cumule l’avantage pour nos maîtres, leurs courtisans et domestiques de nous rendre malléables, hypnotiques, toujours distraits et affamés de fausses nouveautés comme des enfants trop gâtés et trop flattés dans la soumission à l’autorité, la pénurie de cœur sentiment et la pollution du cœur organe dans un monde sans cœur. Nos maîtres et leur clique nous voudraient analphabètes, gentils, serviables. Nous devrions prétendre manier la langue de caoutchouc enseignée à la mode du jour et au rythme de la production et du chômage. Cette langue de caoutchouc est un vomi de prêt à pensée ridicule, servie pour servir et faire preuve de motivations exacerbées. Il faudrait éduquer les enfants à la démotivation et aussi les femmes, les hommes, les personnes âgées. Mais qui s’y collera, qui s’y collerait ???

Il n’y a plus rien de rien. Mêmes les mots de la critique sociale ; quand ils sont encore lus, appris , réfléchis, sont devenus d’étranges discours. Ces étranges discours appartiennent à une tribu, un clan, un groupuscule, une section, un comité, une cellule, plus ou moins romantiques et nostalgiques de nos défaites passées. Certains adhérents de ces groupes fonctionnent avec un culte grotesque de chefferies orgueilleuses et sont aussi des bavards activistes auto glorifiés qui n’ont guère d’estime déjà d’eux-mêmes. Nos défaites passées sont récitées en réunion par ces mêmes adhérents loufoques comme des historiettes an-historiques dans le présent perpétuel mercantile et des projets ridicules de prise de pouvoir hypothétique de la "société" et d’abord et avant-tout du club. Comme si nous pouvions changer la "société" par en haut et par des lois. Cela et ceci nuisent à la compréhension des luttes et à l’engagement solidaire de l’humanité perplexe en cours de prolétarisation et empêchent clairement une quelconque unité de combat entre égaux libres aux désirs fraternels.Sans espérance, sans foi dans un avenir collectif utopique ; sans regroupement manifesté, sans mémoire de corps, de chair, d’esprit du passé collectif. Sans fédération de forces clairvoyantes et sans programme anticapitaliste, antiétatique, anti-techno-scientifique critique commun ; sur le modèle de la Première Internationale où dans les premiers statuts les droits impliquent des devoirs et les devoirs : des droits, pour tous ses membres. Mais, il n’y a plus rien....

RIEN ! RIEN ! RIEN ! Plus rien ! Silence, Vide, Transparence.

Deuxième semaine de printemps de l’année : 5 novembre 2015