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Un certain art contemporain

Ode à la forme et au sensible

Du Jourdain au Kongo et du Congo à Notre-Dame de Paname à Courroux sur l’île de Guyane

Note de lecture à propos de Bernard Stiegler

Ha : Ha ! Vous vous dîtes donc télépathe ?

En ligne, en rang, en joue ?

Lettre poème en prose

Les Véritables Vœux de l’affront national

Communiqués officiels de la Conférence du 421 climatique

il n’y a plus rien.....

Le pilotage d’un drone militaire : destruction virtuelle ou crime légal off-shore.

La Querelle des Modernes et des modernes

PRÉLIMINAIRES de Miguel Amoros

Effort et Destin ou L’homme propose, le Ciel dispose

Florilège de Bertrand Russell

carré blanc et boules blanches

De l’illettrisme

Florilège de Walter Benjamin

ZZZ jeu surréaliste

Communautés 68 et après !

Que l’humour est-il devenu ?

Folie ou non-folie

Poème numéro 1

Poème numéro 2

Mesdames, Messieurs les législateurs...

ZZZ jeu surréaliste

AU BON ENDROIT Jeu proposé par Guy Girard et Marie-Dominique Massoni

Où se situe cette construction ? Quand fut-elle bâtie ? Dans quel but ? Qui a pu y habiter ? Que pourriez-vous en faire et y faire ?

Que serait-ce si c’était : • un animal ? • un végétal ? • un minéral ? • un poème ? • une langue ? • un masque ? • un état mental ? • un symbole ?

Des rumeurs font état de cérémonies secrètes, la nuit. De quoi s’agit-il ? Quels en sont les rituels ? Quel en est le déroulement ?

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Jeu des Alchimistes de la rue Pernelle :

Nota Bene : "Jacques a dit" : "C’est la tour Saint Jacques à Paris sous son échafaudage de ravalement car la déambulation rêveuse à travers la marchandise boutiquière et l’urbanisme réifié n’a plus rien de surréaliste dans la ville lumière."

Photo Au bon endroit C’est le gibet de Montfaucon reconstitué avant demain en cristal de sucre blanc et en élastomère translucide polymérisé par l’architecte urbaniste Jean Nouvel dans le parc d’attraction et de loisirs d’Euro Disney en Seine et Marne où il vécut dans les fondations et y exerce depuis toujours la fonction de technicien-conseil concierge et grand prêtre afin de soumettre et d’envoûter au cauchemar climatisé les enfants de la clientèle dans le décor clinique et aseptisé de la Question et de la superstition New look au milieu des petits oiseaux aux gazouillis électroniques et des arbres en plastique toujours verts mais l’endroit bouge car maintenant il s’y déroule une lutte syndicale de consommateurs avertis qui y squattent y déménagent leurs caboches du rez-de-chaussée au sommet de la bâtisse où ils plantent des drapeaux de révolte noir et rouge se livrent dans les escaliers des étages à des jeux d’art gymnique de potlatch poétique de danses effrénées de jeun de grande bouffe de ripaille de pièces de théâtre de colin-maillard…

Que serait-ce si c’était : • un animal ? c’est un albatros • un végétal ? c’est un salsifis • un minéral ? c’est un cristal de sel marin • un poème ? c’est Aurélia de Gérard de Nerval • une langue ? c’est du hongrois • un masque ? c’est un masque d’initiation des jeunes dogons • un état mental ? c’est un état de clairvoyance logique • un symbole ? c’est la Maison-Dieu du tarot de Marseille

Les nuits de la Saint Jean baptiste au solstice d’été, les membres de la vénérable loge cachée, les amis et amies de Charles Fourrier, se réunissent dans la grande salle centrale de la Tour de sous le nombril du monde afin de partager un premier repas frugal composé de mets fins et de vins capiteux. La cérémonie commence par des libations et des déclamations à la liberté, l’égalité et la fraternité dans le cadre de planches lues par les frères et par les sœurs qui invoquent l’adultère, la révolution sexuelle, le culte de Bacchus et de Dionysos, l’amour libre, l’amour fou, la sagesse de l’amour, l’aventure et sont cités Louise Labé, le cantique des cantiques de Salomon, les écrits érotiques des libertins du 18ème siècle et quelques autres selon l’humeur de l’orateur ou de l’oratrice. La cérémonie se déroule selon un rituel maçonnique post-moderne français qui glorifie l’individualisme fraternel amoureux et la franche ripaille canaille. Nous sommes pendant la nuit du 20ème jour du 6ème mois de l’an 6006. Après les agapes fraternelles et grivoises où les gauloiseries ont fusé entre des propos plus sérieux sur l’accomplissement corporel et spirituel de soi, la recherche de l’harmonie, la Vénérable Maîtresse en chaire se déshabille tout en gardant son cordon et son tablier et en font de même les Officiers de la loge. Puis les membres de l’Atelier, ses visiteuses et visiteurs sont conviés selon leur goût et leur disponibilité à faire de même. Sont à la disposition des honorables personnes présentes des préservatifs de toutes les couleurs et à différents parfums. Alors, sont invoqués l’âme de Charles Fourrier et celle de Rabelais afin que comme à Thélème chacun fasse comme il lui plaît en étant invité à se choisir partenaire afin d’aller vers la liberté en amour. Les couples se constituent dans les recoins et les convives se glissent dans les chambrettes aménagées des étages afin de livrer leurs corps au stupre et à la fornication pour la plus grande gloire du Grand Architecte de l’Univers et des athées convaincus libres et de bonnes mœurs. Au milieu de la nuit, un feu est allumé devant la Tour de sous le nombril du monde autour duquel les corps dénudés et échevelés dansent en entonnant des chansons de corps de garde et des complaintes amoureuses et langoureuses dans toutes les langues. Certains sautent par-dessus le feu prenant un risque de brûler leur zezette. A ce moment de la nuit, les convives se retrouvent pour boire quelques coupes de champagne et manger de la cochonnaille revigorante, des poissons fumés, des crudités et des fruits frais et des miches de pain en portant des toasts à la liberté, l’égalité, la fraternité et en poussant de terribles hourra ! hourra ! hourra ! Puis ils repartent d’un bon pied bon œil dans des ébats amoureux toujours renouvelés dans l’exaltation de la tendresse et de l’érotisme débridé. A l’aube après cette courte nuit, autour d’un petit déjeuner copieux, les frangins et les frangines revêtus de leurs tenues de travail citadines remettent dans leur sac les effets maçonniques. La Vénérable Maîtresse fait tourner le sac aux propositions afin de trouver des lieux potentiels pour installer provisoirement le Temple en cours d’année et le sac de solidarité afin de récolter de l’argent pour aider à soigner les désespérés et les malades aux sexualités rétrécies. Et la Vénérable Maîtresse invite les participants à répandre dans le monde profane les vérités acquises pendant les travaux de cette nuit de la vénérable loge les amis et amies de Charles Fourrier afin que l’égrégore soit presque parfait. Avant de se séparer et que chacun retourne au chagrin, l’assemblée pousse un cri de fureur en déclamant les paroles sacrées : Vive la République ! Vive la Sociale ! Vive l’Autogestion ! A bas la calotte !

Paris, le 26 mai 2006

Michel Caubel

Poème à Jacques Vaché

Au pied de la tour Saint Jacques, encapuchonnée dans son préservatif blanc phosphorescent, je contemple mon image intérieure dans le miroir de mes songes de ce printemps frisquet. Devenu maître sans esclaves de part une solitude exclusive, je rassemble mes forces et ma toute beauté sublimée dans une analyse de ma transformation spirituelle en vampire. Ni dominé, ni dominateur, paix embobelineuse… Je connais le reflet de mon visage malgré le voile noir sur ma psyché vénusienne à la lueur de la chandelle écarlate des âges de ma vie. Mais, qu’est-ce à dire cette soif de vouloir en dévorer quelques unes dans leur sang intime et serein à agir ainsi en spectateur actif face au bon vouloir et aux réactions volontaires et hasardeuses de mes contemporaines que je veux saisir en toute amitié et complicité ? Pourquoi se dérobent-elles à mes tentatives d’approche certes maladroites mais sincères ? Là, au pied de la tour, assis sur un banc, mes succubes viennent m’offrir leurs corps splendides imaginaires et me donnent des cours de savoir vivre et de code de clandestinité parmi les survivants en ouvrant alternativement au grès du rythme des voitures des passants et de l’air frais de ce mois de mai-ci : tantôt l’une le livre de la Raison, tantôt l’autre le livre des Passions. Alors que la tierce inconnue en brelan de dames m’ouvre le livre de l’Amour pour une partie érotique de bluff, de jokers et de solidarité avec la dame politique de Piques et ses débats sur les bons ouvrages d’art de divination et de maintien philosophique pratique. Funambule sur le fil entre le jeu du travail et la mystérieuse paresse, je promène mon corps ailé uni à ma tête taurine toujours assis à la base de la tour Saint Jacques, devisant avec dame promesse. La séduction amère ourle de mousse les lèvres nues de mon discours à cette dame rêvée en iconoclaste de ma méditation de cet après-midi à la suite de tous les autres. Je nous souhaite d’être toujours aimés et d’entamer un mouvement collectif amoureux à deux afin de partager quelques moments de bonheur partagés réciproques au-delà de nos solitudes glorieuses assumées après tant de mirages sur la mer de l’histoire.

1er juin 2006 M.C.