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Stiegler and Co suite

Un certain art contemporain

Ode à la forme et au sensible

Du Jourdain au Kongo et du Congo à Notre-Dame de Paname à Courroux sur l’île de Guyane

Note de lecture à propos de Bernard Stiegler

Ha : Ha ! Vous vous dîtes donc télépathe ?

En ligne, en rang, en joue ?

Lettre poème en prose

Les Véritables Vœux de l’affront national

Communiqués officiels de la Conférence du 421 climatique

il n’y a plus rien.....

Le pilotage d’un drone militaire : destruction virtuelle ou crime légal off-shore.

La Querelle des Modernes et des modernes

PRÉLIMINAIRES de Miguel Amoros

Effort et Destin ou L’homme propose, le Ciel dispose

Florilège de Bertrand Russell

carré blanc et boules blanches

De l’illettrisme

Florilège de Walter Benjamin

ZZZ jeu surréaliste

Communautés 68 et après !

Que l’humour est-il devenu ?

Folie ou non-folie

Poème numéro 1

Poème numéro 2

Mesdames, Messieurs les législateurs...

Note de lecture à propos de Bernard Stiegler

Petit commentaire sur les poncifs de Bernard Stiegler :

Définition du Larousse : poncif : lieu commun, idée sans originalité.

En effet, la technologie et les technosciences appliquées et commercialisées sont le produit et le calcul où les moyens possibles découverts par les laboratoires sont mis en œuvre parce que les laboratoires peuvent le faire, ils le font, sans un objectif humain et humaniste de négocier et de délibérer démocratiquement les fins. Les moyens sont devenus des fins intermédiaires irréversibles et irrémédiables comme dit le lieu commun populaire : « on ne peut rien y faire ! c’est comme ça, on doit vivre avec. ». Alors, s’il existe des consultations citoyennistes d’acceptabilité de ces nouvelles marchandises et des comités d’éthique en toc, juge et parti. Ceux-ci ne sont que prétextes à accepter ce que des experts patentés ont voulu nous faire accepter comme moyens communs en eux-mêmes. Et, leur originalité est dans l’emballage et le discours publicitaire. Se crée ainsi un « story-telling » autour de chaque produit présenté comme indispensable pour améliorer la communication supposée entre les êtres par l’intermédiaire de machines qui isolent et séparent ces mêmes êtres ; tout en leur promettant une supposée vie originale et pleine de connaissances et de découvertes et presque d’aventures. Tout ceci est bel et bien virtuel et est le lieu commun de l’époque. Les compétences humaines se devraient d’être équipées de prothèses et de béquilles numériques cognitivistes dans la vie quotidienne à l’instar des machines automatiques de calcul, pour comprendre, mémoriser, classer, sérier, se repérer dans le temps et l’espace, etc., et au diable ! les capacités proprement humaines d’apprentissage et de créativité autonomes.

Bernard Stiegler est un expert de la cambriole universitaire magistral. Mais ceci est d’époque chez les managers et les idéologues Tartuffe. Idéologues Tartuffe car, généralement, ils occupent des postes universitaires dits prestigieux et se payent la fiole d’un public anhistorique, mimétique digne du caméléon, en brandissant le catéchisme de la contestation officielle qui fait frémir de rigolade nos maîtres et leurs courtisans qui s’exclament : « comment ont-ils osé affirmer vouloir que tout change sans que rien ne change ? » ; en fait, ces idéologues Tartuffe juxtaposent, de manière faussement impertinente, leur désir personnel de lutte des places à un projet égalitaire solidaire juste libre de lutte des classes collectif. Ils font travailler les petites mains de leur sérail pour leur piquer des idées, publier et signer. Ils mutualisent dans une démocratie participative à leur ego, disent-ils. « Cachez donc cette pensée critique sociale que je ne saurais voir ! ». Bernard Steigler est le tenancier du lupanar associatif : Ars Industrialis et dirlo du centre de recherche et d’innovation de la raffinerie d’art contemporain Beaubourg, où il prône la contribution par voie numérique sous son regard spirituel dominant. Par ici la monnaie ; stagiaires, étudiants, cadres de la nouvelle économie numérique contribuent avec des œillères, subjugués par le maître et son bagout ; ils lui fournissent pèle-mêle diagnostiques, concepts, recherches. Plif ! plaf ! plouf ! Bernard Stiegler en philosophe Tartuffe renforce leur croyance dans notre meilleur des vieux mondes possible.

En 2004, il entend des voix ; celles du Medef à qui il promet une future entente des classes afin de "réenchanter le monde" sous un déferlement hyper développé de technologies numériques dans une bonne ambiance capitaliste cool et conviviale. S’il est vrai qu’il existe un défaut d’attention chez nos contemporains suscité par le zapping sur écran et portatif ; il est démontré aussi que les addictions au numérique entraînent des attitudes polychrones (de Chronos, le Temps) et des défauts de concentration. Toutefois, l’employé ou l’ouvrier actuels se doivent d’être polyvalents, c’est-à-dire des ouvriers et des employés spécialisés précaires, mobiles, flexibles ce qui implique une perte d’un métier pour gagner sa vie dans un emploi. Choses non vues par Stiegler et compagnie car ils ne fréquentent que la crème. En outre, le constat de la perte d’attention ne lui fait pas bannir ni condamner ces objets technologiques, tout au contraire, ce technogratin veut nous adapter aux usages consuméristes et aux nouvelles coutumes contemporaines afin d’y trouver un « care » (c’est-à-dire un soin).

L’utilisation ergonomique et « intelligente » de ces objets technologiques contiendrait un « Pharmakon » qui est un médicament (sorte de philtre alchimique vers le Savoir) et un poison addictif nécessaire (la pollution/dépollution orchestrées par l’économie sont bien gérées par le capitalisme vert pour faire de bons profits. Miam ! Miam !). Tels des potards ineptes, ces intellectuels du technogratin sont des commerçants et des techniciens qui souhaitent rendre attractif et rentable ces gadgets technologiques et leurs usages. Chacun, captif dans sa bulle virtuelle, communiquerait en flux tendu et avec zéro stock dans l’immatériel et l’abstrait. Le vulgum pecus se doit de s’adapter à cette consommation où il est producteur de sa survie et qui lui rend possible l’accès à la connaissance, l’information et tout le toutim par Gogole et Fesses de bouc dans une interaction contributive en réseau dans une gratuité fantoche, une surinformation sans sériation et un renversement des droits d’auteur. D’une part, à partir des philosophes économistes du 19ème siècle, type Saint Simon pour les étatistes libéraux et Sismondi pour les libéraux étatistes, qui n’avaient que quelques doutes sur l’industrialisme en œuvre, et guère de cas de conscience sur des précautions préventives face à la mécanisation dans les manufactures et de leurs aléas causant une misère sociale éhontée ; et d’autres part, la pensée de Bernard Stiegler se réjouit et encourage l’automatisation générée par les technosciences pour les multinationales avec leur corrélat d’inactifs et de précaires assistés et branchés sur le Web 2.0, bientôt 3.0. ... C’est le bon remède de cheval à faire crever le mammifère humain et l’écosystème terrestre qui en seront informés par le journal officiel ; même si le mammifère humain est devenu étranger à lui-même et au Monde. Mais, cela garantit un bon taux de croissance économique régulée par "les maîtres esclavagistes si intelligents et conseilleurs mais pas payeurs" en collaboration avec un Etat protecteur bienveillant, au sens de maîtres penseurs de duty-free-shop éclairés au nucléaire et aux illusions renouvelables. D’autre part, en 1968, un de ses vénérables inspirateurs, Gilbert Simondon, a prétendu :" tu n’as qu’à t’adapter bonhomme aux machines et à leur obsolescence programmée !".

En 2009, Bernard Stiegler et sa clique obtiennent des sauf-conduits présidentiels tunisiens, en faisant des courbettes, pour le forum international du Net à Tunis ; et, pendant et après la révolution de jasmin et la chute de Ben Ali en 2011, à l’instar des médias serviles, se font les propagandistes d’un changement démocratique grâce à Internet. Les tunisiens ont bon dos et la faim, la corruption, le népotisme, le chômage, les inégalités etc. sont pet de lapin dans les émeutes populaires et le renversement de la dictature pour ces adhérents dupes du Free Web d’Ars Industrialis….

Ainsi, en 2016, à la Plaine Saint Denis (Seine Saint Denis), Ars Industrialis a mis en coupe réglée la municipalité et la population afin d’entrer dans l’économie contributive en réseau sous le regard vigilant de Bernard Stiegler et consorts pour le supposé grand bien des habitants captifs. En fait, reprenant une vieille bonne idée et la transformant en bizness, B.S. et consorts ont monté un réseau d’échanges de savoirs intellectuels numérisés concentrés et à sens unique dont l’objectif théorique serait un mieux-être de la population et un retour trébuchant rondement sur investissement mais dans la réalité tout cela est factice, expérimental et virtuel. Et, le peuple de la Cité est convié à jouer aux intermittents du spectacle avec son régime de chômage afférent. Car mutualiser des allocations chômage auxquelles donnent droits des petits contrats à durée déterminée du secteur des services ou de ce qui reste de l’industrie ou de la fonction publique territoriale, ne crée pas une règle commune de partage du travail et de critique constructive sociale collective. Vaste tragi-comédie locale économique de la misère du sous- prolétariat de banlieue, sous le regard de ses doctorants transdisciplinaires positivistes réticulés Web programmés à la mode de chez Uber et Amazon. Ce n’est point de la démocratie car les édiles municipaux et la clique à Stiegler ne se sont pas convertis à la démocratie directe et à la révocabilité des chefs à tout instant à la majorité constituée, ni dans un projet de chacun selon ses besoins dans une économie égalitaire ayant supprimée collectivement les faux besoins. Ainsi, la vie municipale continue à plein régime représentatif et marchand. Il est nécessaire et suffisant de prévoir le désœuvrement et l’assistanat futurs de milliers de gens que promettent Ars Industrialis et Bernard Stiegler dans leur projet d’une économie contributive : basée sur un salaire de base universel calculé sur le mode d’une mutualisation des aides sociales et des allocations au chômage comme un nouveau régime des intermittents du spectacle Capitaliste, grâce à l’automatisation technologique généralisée des tâches et de la production industrielle des biens et services.

Toujours connectés ! Jamais seuls ! Toujours seuls ensembles ! Bel et bien isolés, séparés, marchandisés. Bernard Stiegler n’est pas bégueule car il a posé un diagnostic de prolétarisation général et il en redemande de l’aliénation généralisée. Stiegler revendique la préconisation d’une déprolétarisation spirituelle généralisée et ainsi un accès direct au Web Paradis en réseau pour tous « Qu’est-ce qu’un corps ? » : disent les indiens d’Amazonie, en harmonie avec la nature, aux premiers missionnaires sales débraillés qui ont la bouche puante imprégnée de sermons sur le péché originel. La question mérite d’être posée à tous nos contemporains assis devant leur écrans connectés devant le grand fatras virtuel et eux-mêmes presque virtuels. Déjà jadis, nous étions ainsi que nos ancêtres déterminés par l’aliénation au travail mort vivant et au fétichisme de la marchandise et des fois ça branlait dans le manche et cela déterminait la révolte des couches populaires prolétarisées. Travail mort-vivant car c’est le désœuvrement généralisé rémunéré qui est proposé et pour lequel il faut se motiver à défaut d’agir sur la matière avec son esprit et en y obtenant une reconnaissance sociale comme dans le temps avant la mécanisation et maintenant l’automatisation des taches industrielles.

Mais dans le présent perpétuel retors néo-libéral technophile, c’est la condition de cyborg qui est promue. Stiegler n’est pas Trans humaniste mais hyper technophile branché. Stiegler et Ars Industrialis nous préparent à nous adapter et à acquiescer à coup d’enquêtes de recevabilité, de conférences numérisées, de réclames technophiles à notre future connectivité en réseau contributive si divertissante ; prétendent-ils. En fait, ce sont des adeptes laïques du technogratin et des propagandistes prosélytes des technosciences qui envisagent une humanité prolétarisée vivant dans un bonheur insoutenable dont ils se sentent au-dessus. Bernard Stiegler vit dans le mythe de la chute et de la rédemption : soit l’humanité et la nature glissent dans l’abîme de la barbarie soit elles passent sous le joug éclairé consenti du numérique et des technosciences. C’est une philosophie du porc aux accents distingués. Bernard Stiegler a conscience de la « bonne vie » comme les grecs de l’Antiquité, tout en n’ayant aucune conscience des gestes ouvriers et d’une vie et d’une liberté à l’œuvre dans un projet collectif utopique. Il y a une prolétarisation généralisée, il y a un technogratin, il y a des élites et qui faire ? Se dit-il ? Il n’envisage pas la lutte des classes. Et puis, le progrès est réalisé sans le peuple et même contre lui mais le technogratin et ses affidés souhaitent convertir et compromettre le peuple avec les technosciences sans qu’il en tire un avantage humain perceptible par les sens.

Bluff technologique et emprise numérique ? Bernard Stiegler ne comprend pas.

"Ecologie de l’esprit et du désir" : dit-il, en subtilisant chez Grégory Bateson afin de préparer un galimatias systémique structuré fallacieusement contestataire. Stiegler ne tient pas compte d’un projet d’abolition du salariat historique et réellement écologique collectif. Stiegler perpétue "la longévité de l’imposture Michel Foucault" avec d’autres carriéristes de la même farine universitaire. Il commente Guy Debord et d’autres auteurs classiques de la subversion de la même qualité pour se faire mousser, c’est du Grand Guignol spectaculaire marchand en one-man-show, car il est nombriliste. Enfin, Bernard Stiegler est adulé mais c’est un faux impertinent, imposteur et piètre philosophe.

En outre, Bernard Stiegler est un collectionneur besogneux et curieux des idées des autres afin d’alimenter son projet personnel qui est conforme à la voix de son maître du tout numérique. Bernard Stiegler est un organisateur dominateur autoritaire narcissique qui jongle avec les mots, les concepts, les symboles, les idées, tel un conférencier circassien en chaire. Mais, faut-il chercher dans ce manque de cohérence et d’intégrité dans sa volonté intelligente d’influencer, un abandon dans la pensée critique sociale méthodologique de nos contemporains ? Cela profite aux opportunistes, aux arrivistes pour qui la fin justifie les moyens.

Pays de Nulle-part, le 17 octobre 2016

Capitaine Ned Ludd.