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Stiegler and Co suite

Un certain art contemporain

Ode à la forme et au sensible

Du Jourdain au Kongo et du Congo à Notre-Dame de Paname à Courroux sur l’île de Guyane

Note de lecture à propos de Bernard Stiegler

Ha : Ha ! Vous vous dîtes donc télépathe ?

En ligne, en rang, en joue ?

Lettre poème en prose

Les Véritables Vœux de l’affront national

Communiqués officiels de la Conférence du 421 climatique

il n’y a plus rien.....

Le pilotage d’un drone militaire : destruction virtuelle ou crime légal off-shore.

La Querelle des Modernes et des modernes

PRÉLIMINAIRES de Miguel Amoros

Effort et Destin ou L’homme propose, le Ciel dispose

Florilège de Bertrand Russell

carré blanc et boules blanches

De l’illettrisme

Florilège de Walter Benjamin

ZZZ jeu surréaliste

Communautés 68 et après !

Que l’humour est-il devenu ?

Folie ou non-folie

Poème numéro 1

Poème numéro 2

Mesdames, Messieurs les législateurs...

Lettre poème en prose

A ma dame BRleue,

Ce n’est pas par orgueil que j’eusse aimé vouloir tisser un lien amical qui file sa trame vers une relation amoureuse durable. Ma supposée modestie – et là, j’ai des doutes que l’on puisse se revendiquer modeste comme si le fait de nommer la qualité l’annihile – se veut une sorte de toge chemise et de pantalon et bas de troubadour qui tient un crayon traçant un poème en prose courtois.

La pulpe de mes doigts écrit avec ce crayon comme si cette même pulpe de chacun de mes dix doigts – que la sincérité poétique de mon désir me dicte de t’énumérer : main droite (pouce, index, majeur, annulaire, auriculaire), main gauche (pouce, poudex, index, majeur, annulaire, auriculaire) - caresse, malaxe, palpe, masse ta chair et ta peau, de la plante de tes pieds à la racine de tes cheveux en ne faisant point l’esquive de ton visage mutin et câlin.

Il y a du désir et de la retenue non calculés dans cet aveu. Hésitant entre savoir de kinésithérapeute et non savoir érotique à redécouvrir. La question est dans l’évocation du désir partagé engrainé à une réciprocité en pleine maïeutique d’apprentissage toujours renouvelée ; comme si oublier, les gestes du plaisir se remémorent à la conscience de l’autre aimée. Ma vérité est dans un doute sur le pas d’entrechat entre la déambulation amicale et la danse érotique amoureuse. Mouvement en compagnonnage partagé glissant entre dialogue et baisers. Parade ou parole. Mensonge ou déclaration. Comment sortir d’un quiproquo mystérieux paradoxal ? Me menté-je à moi-même ? Être en équilibre tel un funambule entre la survie à raz du sol solitaire et les septièmes ciels où s’ébattent les amants dans une sorte de duel non-violent. Le mouvement collectif à deux de deux êtres humains en quête d’amour, de réalité, d’évolution est une révolution amoureuse permanente.

Il y en a gros sur la patate dans mon esprit qui cherche la liberté, la justice, l’équité la solidarité et qui ne trouve que portes fermées ou claquées au nez ; toutefois un binôme amoureux dynamique est capable d’inventer du respect pour ses pairs et quelques ruses de bon aloi afin d’affirmer avec vigilance son existence et sa volonté.

Tu as ta part entre le diable et l’ange à prendre à brûle pourpoint dans mes sentiments. Sorte de part maudite entre le don et le contre don où si tu reçois ce message poème en don du ciel que tu l’acquiesces dans le combat contre le destin irrémédiable, nécessaire, suffisant (car ne crois pas ton Capitaine qui te dit : « comme il est écrit… »), et que tu vaincs l’entêtement narcissique kleenex prescrit par l’ordre établi de la loi dites « du tout ou rien ». Loi « du tout ou rien » ou loi presque réflexe, de plus en plus pratiquée dans les échanges humains, qui adopte le prêt à penser en zapping techno mortifère, brillant des mille feux de la réclame. Cette loi « du tout ou rien » communicationnelle use jusqu’à prétendre obsolescent le contradicteur qui rejette le travail mort–vivant et les fractures émotionnelles non résolues dans des possibles interrogations formulées et non formulées car le non-dit des émotions se tait sous le joug du conditionnement aliéné. C’est la négation d’une guidance amicale et amoureuse dans un hier, un aujourd’hui et un lendemain toujours chantant avec un petit sourire coquin. Cette négation de la controverse entre pairs est, en fait, immédiatement mesquine mais se prétend objectivement réaliste, en copiage de l’image des comportements médiatisés des dirigeants politiques, industriels et financiers. Car, la discorde momentanée vaut mieux qu’une horrible concorde où l’on s’ennuie ou où l’on se tait abasourdi.

Il y a, sans nul doute, une autre voie complice que de baser les échanges humains entre seulement un émetteur et un récepteur, afin de découvrir une voix émancipée par un troisième terme conciliant interrogatif dans une véritable communication dialectique et poétique. Choisissant un équilibre : entre les lois physiologiques de l’influx nerveux « du tout ou rien » qui escamotent la durée par un jugement qui impose des lois de relations sociales échangistes ; et, la véritable humanité qui tient compte du sensible et de la loyauté. En fait, ces lois sont nihilistes, quand elles deviennent règles de communication, mêmes si elles paraissent distrayantes et efficaces, outre leur cruauté, pour le « vulgum pécus », la tête dans le sac des courses du marché ; elles sont une vision cybernétique managériale gestionnaire des rencontres et expériences sociales. Rompre ou dominer, tels sont les ordres inculqués par l’ordre marchand patriarcal ; comme si l’amitié et l’amour devaient être précaires et y survivre dans un splendide et ridicule absurde isolement hygiéniste inégalitaire, du quant à soi narcissique. Autres attitudes complémentaires, clairement assassines : être dominé et se soumettre à l’injonction taiseuse dominatrice d’un conflit non résolu. Ces attitudes courantes effacent le visage rayonnant de l’interlocutrice ou de l’interlocuteur en désaccords, pour ne pas le reconnaître dans ses qualités et ses doutes et s’en séparer lui ayant fait perdre la face, sans explications ; dans le silence de sa solitude séparée d’une amitié et d’un amour qui se souhaitent généreux entre égaux mais qui rencontrent un bloc de certitudes autoritaires conscientes. Au-delà de la communion fusionnelle boiteuse, bancale, borgne ; existent des terrains intellectuels, connus des Anciens, où le dialogue et le plaisir sont pratiqués dans un sens conflictuel relatif non-violent respectueux des distances humaines en harmonie avec le sensible naturel ; et l’art royal de la critique, qu’elle soit sociale ou qu’elle soit modération interhumaine ; qui sont nuages artistiques, ciel bleu azuré, frimas, bûches dans le feu, canicules, orages tempétueux, et après l’orage, réconciliations sensibles, agapes chaleureuses et doux rayons solaires.

Comment inventer un juste milieu entre le plein et le vide, calculé avec tact et mesure ? C’est une politique optimiste sur le devenir à vivre en partenariat fraternel et non un optimisme béat sur l’éternel présent immédiat interchangeable. Mon cœur acclame par anticipation une telle décision ; bien qu’il soit fragile au sens spirituel et sentimental car il balbutie ce poème bleu amoureux telles des divagations innocentes. Il existe toujours une attirance intellectuelle et physique dans ma démarche de ce poème bleu qui claudique les bleus de son âme. Blues ! Spleen ! Peut-être ! Car alors, la joie d’aimer et la joie de vivre se conjuguent dans les coups de foudre renouvelés à réinventer.

La dame BRleue et son troubadour ont un chemin à faire à travers l’amour, la paix, la vie malgré les cagades du Vieux Monde déliquescent.

« L’aventure commence au coin de la rue… ». Je t’attends ?

Paris, le 24 février 2016. Petit Michel, M. N’hibou.