Contacter Michel Caubel: mic@theatredemasquesmagique.fr
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Un certain art contemporain

Ode à la forme et au sensible

Du Jourdain au Kongo et du Congo à Notre-Dame de Paname à Courroux sur l’île de Guyane

Note de lecture à propos de Bernard Stiegler

Ha : Ha ! Vous vous dîtes donc télépathe ?

En ligne, en rang, en joue ?

Lettre poème en prose

Les Véritables Vœux de l’affront national

Communiqués officiels de la Conférence du 421 climatique

il n’y a plus rien.....

Le pilotage d’un drone militaire : destruction virtuelle ou crime légal off-shore.

La Querelle des Modernes et des modernes

PRÉLIMINAIRES de Miguel Amoros

Effort et Destin ou L’homme propose, le Ciel dispose

Florilège de Bertrand Russell

carré blanc et boules blanches

De l’illettrisme

Florilège de Walter Benjamin

ZZZ jeu surréaliste

Communautés 68 et après !

Que l’humour est-il devenu ?

Folie ou non-folie

Poème numéro 1

Poème numéro 2

Mesdames, Messieurs les législateurs...

Poème numéro 2

Je fais des masques car, d’une certaine façon, nous vivons dans une société où l’on perd souvent la face. C’est une manière de retrouver son visage derrière le port du masque ; au sens de retrouver l’image de soi dans son rapport subjectif et préconscient aux autres. Montrer belle figure humaine après l’avoir caché derrière le masque et avoir jouer au théâtre des signes, symboles, des gestes et des déambulations est acte complet de comédien même amateur. C’est un acte de révolte et de rébellion, presque paradoxal et un peu absurde, mais d’authentique désir de jouer un « jeu du je » vers les autres et d’y trouver une paix et une harmonie. C’est créé une situation de non vouloir, tout en étant dans une volonté optimiste de partager, en étant caché sous le masque. Le masque cache le visage pour jouer le jeu théâtral du mieux montrer les sentiments et les postures ludiques de l’être libre et d’éprouver ou de fuir. Le totem est une statuette construite dans un sens d’une dénonciation iconoclaste et humoristique de la déification des images et du culte des idoles ainsi que des stars du show bizness. Ces masques et ces totems sont dans la tradition de l’art brut ou des artistes hors normes, et sont construits à partir d’objets de récupérations du caniveau par souci de confort économique ou de blocs de tilleul achetés en scierie. D’une certaine façon, je façonne mes masques et mes totems en ne dissimulant pas les matériaux car ils socio-construisent la relation avec l’Autre, être de chair et sac d’os spirituels. Ceci afin d’obtenir un bon commerce avec dame Nature et nos déchets et ce qui reste du Sensible. Je crée des visages et des bonhommes improbables pour jouer le jeu subjectif du simulacre et de l’exorcisme théâtraux dans le culte du « bien dire, bien penser, bien agir » ; même sous son masque et ses rituels. « Au-delà de toute question d’ancien et de nouveau la main de l’homme est l’outil éternel de sa pensée, tandis que la machine, si neuve soit-elle, se démode toujours. » : Affirme Soetsu Yanagi dans « L’esprit Mingei ». Mes gestes, mes mains et mes outils me permettent de m’unir au Sensible et de fuir le ridicule de cette société totalitaire technologique et marchande à travers la redécouverte de l’acte créatif ancestral et contemporain. Ainsi des outils de l’homme, par-dessus le langage conscient qui est un de ses premiers outils je redécouvre et je cherche à assurer la prise de mes mains sur les outils et l’effort des gestes ouvriers de mon corps. Ce que je nomme le Sensible ou le Grand Mystère n’est point de la parapsychologie ou des sciences Occulte ou de la sorcellerie vaudou mais une quête d’une harmonie rationnelle avec le monde « industriel », les êtres humains et la nature. Bien sûr, beaucoup de méditation solitaire confronte aussi à l’irrationnel. Cependant un peu de culture dans les sciences permet de manipuler pour soi les concepts de l’abstraction et du symbolisme au sens de la recherche d’une mise en œuvre pratique, théorique, dialectique, poétique d’une praxis. Dans ma vie, j’ai toujours essayé de mettre en relation Tradition et Modernité. Tradition dans le sens de : politesse, être sans rancune ni médisance, droits humains, Montaigne et La Boétie, humanisme et spiritualité, amour courtois, esprit des Lumières. Modernité dans le sens de projet utopique : du communisme libertaire, de la démocratie directe, du désir : de solidarité d’égalité de liberté de gratuité de fraternité de justice et d’équité, d’autogestion généralisée, d’action de créativité et de désobéissance civile non-violente, de résistance anti-technologique de base, d’Amour libre. L’époque est devenue post-moderne avec ses Tartuffe, ses Don Juan, ses pervers narcissiques manipulateurs, consommateurs, bureaucrates et ses touristes. Nous mangeons mal, dormons mal et devons toujours servir nos Maîtres ! Cela me consterne et ne semble pas être consternant pour mes contemporains : je suis donc consterné pour eux car j’ai foi et espérance dans l’être humain et l’humanité.

« Nous rêvons et travaillons pour recréer le monde, pour une réalité moins perverse dans laquelle on puisse devenir davantage une personne et moins une chose. Mais en même temps nous travaillons dans une structure de pouvoir qui exploite et domine. Et ceci nous situe dans une dualité qui nous fait mal. A qui dois-je être loyal ? A celui qui me paye ou au rêve qui m’attend ? Il faut assumer cette dualité. Je vous dirais, mes amis, que dans l’Histoire on fait ce qui est possible et non ce qu’on aimerait faire. Je reconnais aussi que seul ce qui est possible aujourd’hui peut être fait et non ce qu’on aimerait faire. Mais par la suite j’insiste sur la nécessité de viabiliser ce qui est non viable, ce qui se traduit par une bagarre permanente pour accomplir ce qui est possible maintenant. Et travailler dans le sens de rendre possible ce qui paraissait impossible. » Paolo Freire.