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Un certain art contemporain

Ode à la forme et au sensible

Du Jourdain au Kongo et du Congo à Notre-Dame de Paname à Courroux sur l’île de Guyane

Note de lecture à propos de Bernard Stiegler

Ha : Ha ! Vous vous dîtes donc télépathe ?

En ligne, en rang, en joue ?

Lettre poème en prose

Les Véritables Vœux de l’affront national

Communiqués officiels de la Conférence du 421 climatique

il n’y a plus rien.....

Le pilotage d’un drone militaire : destruction virtuelle ou crime légal off-shore.

La Querelle des Modernes et des modernes

PRÉLIMINAIRES de Miguel Amoros

Effort et Destin ou L’homme propose, le Ciel dispose

Florilège de Bertrand Russell

carré blanc et boules blanches

De l’illettrisme

Florilège de Walter Benjamin

ZZZ jeu surréaliste

Communautés 68 et après !

Que l’humour est-il devenu ?

Folie ou non-folie

Poème numéro 1

Poème numéro 2

Mesdames, Messieurs les législateurs...

Ha : Ha ! Vous vous dîtes donc télépathe ?

Je suis un sorcier électromagnétique :

Actuellement, une partie de la jeunesse sacre comme des charretiers caristes précaires. Le sous-prolétariat hésite entre deux petits boulots et le RSA et le foot télé. Rien n’a changé depuis l’Antiquité : « du pain et des jeux » ! Bien sûr, les classes populaires ont des emplois d’OS polyvalents, dénommés ouvriers ou employés ou agents, mais elles ont souvent pratiqué avec poésie un langage familier, mâtiné d’argot et de jeux de mots cocasses. Cependant, maintenant, ce sont les petits bourgeois bohèmes qui manient la grossièreté et l’insulte, même en famille, sans aucune délicatesse ni distance mais avec une fierté insolente. Quand Louis Chevalier décrit les classes populaires et les classes dangereuses des années 1830 à Paris, il sait qu’il existe une fascination trouble de la bourgeoisie pour leur langage sur fond de crime et de plaisir. Ces temps-ci, quels que soient les territoires ruraux ou citadins, les gens sacrent à tour de bras. Il existe une méconnaissance contemporaine du langage élevé et livresque ; comme si les idées et les concepts abstraits devaient fonctionner sur le type du slogan publicitaire ou politique succinct. Il y a, dans l’air du temps, comme un désir de parler un langage simple, médire et ignorer le langage de la pensée complexe, même si l’on fait l’effort de l’exprimer avec clarté, précision, concision, nuance. Ainsi, à tout propos, hors les langages technoscientifiques et commerciaux d’usage professionnel, une langue qui n’est pas présentée avec une apparence de simplicité verbale est condamnée à errer dans les limbes. C’est une sorte de surdité et d’aveuglement au compliqué. Il faudrait que tout soit prédigéré et simplifié à l’extrême car les définitions des mots ont été oubliées ou jamais apprises et la curiosité ne semble pas l’emporter. Le langage de la vie quotidienne est peuplé de mots-valise et de mots fourre-tout colportés par des médias monstrueux. La mise à l’encans du livre s’est associée au développement du zapping auto satisfait fait pour distraire et étourdir, ainsi qu’à l’obéissance au commandement impératif des managers qui manient le harcèlement moral sans scrupule et la philosophie au rabais du respect tous azimuts.

Dans ce contexte linguistique se développe une sorte de syndrome obscurantiste idéologique de télépathie. La croyance dans l’existence de la télépathie s’appuie sur des travaux dits scientifiques. Ainsi, Sigmund Freud a écrit dans les années 1910 que le subconscient émet des ondes électromagnétiques. Ces travaux ont été confirmés par l’étude physiologique du sommeil qui ont démontré l’existence d’ondes électromagnétiques, paupières closes pendant les différentes phases du sommeil. Cela n’a pas démontré qu’il existe une communication électromagnétique cérébrale entre les êtres. Tout au plus, l’observation nous permet de comprendre que les sentiments, les sensations, les impressions croient nous faire deviner les intentions bénéfiques ou maléfiques des autres à notre égard. Le psychotique entend les voix de son imagination débordante et souvent ses intuitions ont une part obscure de réalité. L’intuition semble le mot magique qui pourrait même guérir à distance. Jacques Lacan dit que l’inconscient est structuré comme un langage. Cela ne veut point dire que son propre langage inconscient dit toujours la vérité et est toujours aimable et prévenant. Le langage oral ment et se ment à lui-même et il en est de même du langage inconscient. La quête de la vérité est un long chemin semé d’embûches. Cette farce télépathique est une duperie. Bien sûr, au niveau présentiel ou seul dans l’intimité en imagination ; chacun peut faire un rêve éveillé prenant pour base ses désirs et ses fantasmes dans sa boite crânienne. Toutefois, à ce jeu du désir imaginé, la réciprocité et le partage sont absents. Il est indispensable de le formuler oralement ou par écrit afin d’entamer un dialogue. De ce fait, chacun pratique des dérobades et des fantasmes autonomes irrationnels où il s’illusionne et ne concrétise guère un désir réciproque et partagé. En outre, au niveau énergétique les humains ont une aura corporelle électromagnétique et certains plus que d’autres ont un charisme généreux ou une mégalomanie autoritaire perverse. Dans la vie quotidienne, il est nécessaire à certains moments d’avoir des échanges simples et pratiques et à d’autres moments avec certains êtres un échange plus conceptuel complexe. Croire qu’intuitivement on peut deviner la pensée d’un autre est à mon sens une supercherie et une erreur fondamentale.

La psychologie a besoin de mettre des mots sur les joies et les peines qu’elles entend de la bouche des gens individuellement. Le bruit et les sollicitations des machines omniprésentes tendent à éloigner les êtres humains du Sensible. Ce Sensible bâti sur l’observation critique des idées, des pensées, de la nature, des arts et des cinq sens guide les êtres vers leur conscience maîtrisée et épanouie. La vie à minima proposée dans le brouhaha des machines rend chacun abasourdi et nonchalant. Quelle éthique mettre en œuvre afin de guider les humains vers une estime d’eux-mêmes et des autres socio-construite et émancipée ? Comment conscientiser les êtres sur les enjeux du désir ?

Si le rapport de deux êtres, qui théoriquement devrait être unis par un lien de sympathie ou d’empathie dégénère en antipathie et devient source de contrariétés et de conflits non-résolus et non formulés ; comment le lien contractuel familial ou professionnel ou affectif a-t ’il put déclencher un tel phénomène ? Car cela entraine le mirage de communiquer par la pensée. Bien qu’il soit possible d’envisager une transmission sensitive énergétique de proximité entre les êtres ; ce n’est surement pas une transmission de pensée codifiée avec des mots. Le rapport hiérarchique ou patriarcal ou marital ne permet pas d’améliorer une situation- problème car le rapport est inégalitaire et les liens contractuels empêchent que les mots du langage prennent leur droit et s’expriment. La situation -problème renforce la contrainte, l’isolement renforce la plainte intériorisée et la magie télépathique auto-suggère sa mise en place. C’est le produit d’une solitude affective où le langage interdit a appauvri la possibilité de résoudre le conflit latent. Dans ce type de situation- problème paradoxale, le faible rencontre le silence de l’incommunicabilité et le fort l’arrogance du dominant taiseux. La situation- problème crée une relation d’assujettissement où le non-dit des émotions prédomine et empêche une évolution positive ; sauf à massacrer imaginativement et symboliquement l’adversaire et dont le coût énergétique est prohibitif. Chacun campe sur sa position et chacun est dupe du non-dit et s’embarque vers la croyance télépathique afin de venger l’affront du conflit silencieux. Finalement et cela se reproduit socialement et collectivement, chacun abdique sa libre pensée autonome pour l’illusion de la transmission de pensée.

Quand l’idéologie libérale Narcissique actuelle ne propose aux individus séparés et aliénés et solitaires et égocentriques que le culte de leur image spectaculaire dans le miroir des marchandises à acquérir ; chacun peut en venir à se croire télépathe dans un sentiment de toute puissance infantile puisque le plaisir amoureux se réduit à une masturbation jouissive hygiénique les uns sur les autres, le débat sur les idées et concepts à un monologue relativiste absolu, l’éthique et la morale collectives à des idées périmées à chambouler, l’avenir de l’utopie sociale à des vieilleries erronées forcément totalitaires, l’autodiscipline harmonieuse à des contraintes obsolètes autoritaires hors le cadre disciplinaire méthodologique du travail, l’estime de soi et des autres se réduit à son propre nombrilisme autosatisfait.

Tout est langage dit Françoise Dolto ; mais cette phrase contient aussi un piège si l’on se limite à l’inconscient car le langage conscient est comportemental, social, verbal et signe les relations réellement humaines. Alors, la pensée en boucle imaginée du contrarié débouche sur une pensée magique presque infantile de toute puissance sans la puissance d’un véritable dialogue et les outils linguistiques pour l’étayer. Entre des êtres qu’une situation- problème confronte à un conflit latent ; ne pas s’expliquer et l’expliquer, ne va pas le faire disparaître comme par enchantement mais risque de l’enkyster ce qui provoque des drames et des souffrances psychologiques. Enfin, le débat sur l’existence ou non de la télépathie ne résout rien tant que les êtres humains ne mettent pas des mots sur les choses, ils peuvent se perdre dans l’informulé et l’oubli.

Juin 2016

Ce jardin est privatif : apprenez à briser vos chaînes de façon honnête, responsable, autonome :

Que signifie au niveau de sa conscience de se souvenir du visage de l’autre ? Doit-on l’accueillir ou le rejeter ? Comment ne pas perdre la face et ne pas se mentir quand ses sentiments oscillent entre sympathie et antipathie ? Comment ne pas perdre la face seul dans l’examen de sa conscience où se mélange le souvenir interprété de ses paroles bienveillantes ou malveillantes et le sensible du désir d’amour ou d’amitié ou de fraternité ? Ce sont les oubliettes de l’inconscient éduqué et des fois aliéné qui font un tri suspect chez chacun et advienne que pourra. Garder les traits conscients de sa propre face et ne pas nier l’ouverture à la mémoire de l’autre comme une présence heureuse. Ce jeu intériorisé se devrait de déboucher sur des dialogues et des questions dans un état possible de réciprocité non-violente. La vilénie des mœurs mercantilistes sociaux en est un frein à son ébauche sereine. D’où un goût pour la parapsychologie et la télépathie qui est un évitement omniprésent et une obéissance intériorisée aux impératifs autoritaires et paradoxaux hiérarchiques ou familiaux ou un laisser-faire relativiste et démissionnaire. Maladie mentale, dérobade, entêtement de ne pas s’expliquer entre connaissances. La valeur des sentiments en est bafouée et le calcul reste le maître. Domestiquer ses passions avec raison et être naturellement dans une spontanéité non injonctive et prudente. Que faire avec des mauvaises têtes teigneuses ? Se recentrer et savoir éviter un long processus de perte d’estime de soi et des autres. Œuvrer et s’assumer dans le cœur du labeur quotidien et du sens de l’effort. Est-ce un sixième sens presque magique ou tout simplement une descente au fond de soi-même pour trouver une harmonie à partager ? Il existe un sixième sens physiologique d’équilibre réflexe, nommé proprioceptivité. Neutraliser consciemment les mauvaises pensées grotesques et méprisantes face à l’inconséquence, la nonchalance, l’indifférence, le relativisme si communément affirmées par la bêtise ordinaire. Connaître le bon commerce du dialogue et de la rêverie en compagnonnage avec la poésie et la pensée libre et rationnelle et l’humour. Posséder de la grâce afin d’avoir une personnalité qui refuse le nivellement de l’individualisme égoïste grégaire prescrit par la marchandisation et qui suscite la croyance dans la télépathie et la divination. Ce n’est pas d’aujourd’hui ! La prémonition d’un fait, d’une situation, d’un échange n’a rien d’exacte et sa réalisation nécessite de s’y appliquer sans être dupe car rien n’est écrit. Les cartomanciennes, les diseuses de bonne aventure, les devins, les magiciens, les guérisseurs par correspondance, les médecins-webmasters sont des manipulateurs chimériques à la parole stéréotypée qui oscille entre bénédiction et malédiction contre monnaie sonore et trébuchante. La crédulité du client est soumise à l’épreuve d’une vérité fallacieuse et mensongère fascinante dont le client s’imagine, comme sous hypnose, dans une lecture persuasive de son avenir auquel il se doit se conformer comme par enchantement car cette lecture contient promesses et consolations. Et, certains se conforment à ces prophéties divinatoires qui deviennent des autosuggestions à auto réaliser dans un état semi conscient mais persuadés de leurs véracités. Les différents choix vécus personnels postérieurs confirmeront l’inéluctabilité des paroles prémonitoires . Si les surréalistes aimaient la poésie des diseuses de bonne aventure ; certains de nos contemporains, à force de se regarder le nombril et d’avoir une imagination racornie et imprudente, deviennent paranoïaques quand les événements ne se déroulent pas ainsi qu’ils les escomptent et cela en fait des méchants êtres humains. Avec des préjugés et des idées reçues et préconçues dictés par l’entêtement ; l’auto-intoxication subjective fait quitter le réel et on peut se croire télépathe alors que l’on est tout simplement isolé et aliéné aux marchandises et à la valeur d’échange. Bien sûr, il y a des fois des lapsus, des actes manqués, des trous de mémoire, des réinterprétations de son histoire mais cela fait perdre pied et on ne guide plus son esprit sainement. Les pensées vagabondent et on les prend pour des certitudes ou des intuitions. Il y a sans doute face à de telles folies presque une nécessité de désenvoûtement de ces pensées structurées parasites médiumniques ou prétendues telles. Mais comment aider les êtres à réintégrer leur corps uni à leur pensée en harmonie quand le chagrin du boulot use et la réalité des plaisirs devient factice ? Enfin, prendre le temps et l’espace avec sobriété afin de pratiquer un doux regard d’une neutralité bienveillante et vigilante sur les êtres et les choses.

Juillet 2016