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Un certain art contemporain

Ode à la forme et au sensible

Du Jourdain au Kongo et du Congo à Notre-Dame de Paname à Courroux sur l’île de Guyane

Note de lecture à propos de Bernard Stiegler

Ha : Ha ! Vous vous dîtes donc télépathe ?

En ligne, en rang, en joue ?

Lettre poème en prose

Les Véritables Vœux de l’affront national

Communiqués officiels de la Conférence du 421 climatique

il n’y a plus rien.....

Le pilotage d’un drone militaire : destruction virtuelle ou crime légal off-shore.

La Querelle des Modernes et des modernes

PRÉLIMINAIRES de Miguel Amoros

Effort et Destin ou L’homme propose, le Ciel dispose

Florilège de Bertrand Russell

carré blanc et boules blanches

De l’illettrisme

Florilège de Walter Benjamin

ZZZ jeu surréaliste

Communautés 68 et après !

Que l’humour est-il devenu ?

Folie ou non-folie

Poème numéro 1

Poème numéro 2

Mesdames, Messieurs les législateurs...

Folie ou non-folie

Il existe une nécessaire et suffisante insurrection des consciences vis-à-vis des dogmes et de l’aliénation étatique. Cela passe par un esprit critique et un essai de praxis. C’est-à-dire une volonté de mettre en accord ses idées avec sa pratique contestataire et créatrice. Dans ce cadre, faire de la maladie mentale une arme contre l’oppression et l’exploitation me semble un bon outil sur la barricade contre le capitalisme et les nécro-technologies.

Toutefois, je décortique cette arme afin de rester dans le cadre d’une désobéissance civile non-violente et pour cela je la démonte et remonte avec des outils. Ces outils sont de plusieurs ordres pratiques.

D’une part, ils sont conceptuels et concrets afin de les appliquer à la résistance à l’oppression et l’exploitation dans le sens d’un objectif de créer une société à venir solidaire, juste, équitable, matérialiste et antitotalitaire poétique. Et par elle, je déclare que : « je me garde-fou et je ne suis pas fou » car je souhaite dès maintenant construire des rapports sains et d’une écologie de l’esprit réciproque. En effet, la domination de l’idéologie bourgeoise stigmatise les rebelles, et les traite de fous alors que la Bombe nucléaire et tout le pataquès nécro technologique sont des trucs de fous auxquels nous devrions adhérer et que nous devrions cautionner au nom de l’économie et de ses impératifs de profits et de plus-value.

D’autre part, ces outils sont d’ordres créatifs. Et il est folie d’être un artiste et un libre esprit critique et subversif dans un monde où les intellectuels universitaires néostaliniens ou de la droite déclarée pondent de la subversion officielle sans contre coup créatif et pratique pour l’autogestion démocratique directe de nos vies. En effet, ces intellectuels sont les courtisans et valets du pouvoir où depuis des années ils occupent les places officielles de la pseudo critique. Ces intellectuels se revendiquent post-modernes pervers. Alors, je leur oppose ma quête de commune décence et de mœurs libres et civilisés. S’ils se veulent pervers, je me cherche sain, digne et civilisé et qu’elles crèvent ces charognes courtisanes. Car je suis moderne et ai du respect pour les anciens et la jeunesse en devenir. Cela me suffit pour dire que s’il est petite folie de se vouloir libre, je ne demande pas à la bourgeoisie et aux gens soumis de faire de moi un individu autonome et digne par une révélation de leur marketing publicitaire et de leur contrôle bienveillant sécuritaire. Je suis autonome, responsable et solidaire par ma créativité humaniste et anticonformiste.

Ainsi, si je pratique, de fait, mon opposition par une petite folie sobre, c’est aussi par un constat que la société est devenue folle avec des excès insupportables et un système de production/consommation obsolète et une explosion/implosion des rapports sains entre les êtres. En outre, la communication actuelle, à la mode, zappe et manque totalement de concentration dans les échanges. Ainsi ce que les anciens appelaient un dialogue est devenu une nouvelle langue de bois : du SMS, de la confession éplorée sur Internet ou à SOS Amitié, du « t’es où ? » sur téléphone portatif, du silence grotesque du répondeur sans suite et du courriel sans accusé de réception. De même, la rigidité linguistique du militant prosélyte ignorant des textes fondateurs et de l’Histoire du mouvement populaire et poétique ainsi que d’un engagement critique de voisinage est une grande folie par sa position dirigiste sous des aspects pseudo non autoritaires et mielleux où, du haut de sa supposée perfection, il juge à l’aune de son narcissisme égotiste et de sa propre misère. En fait, est petite folie libre et solidaire la perception du Sensible ainsi que la relation poétique et matérialiste au Monde qui ne se perd point dans des abstractions dites intelligentes apprises à l’Ecole, l’Entreprise ou la Chapelle idéologique en « isme » qui formatent l’esprit et imposent à l’esprit les limites de la soumission dogmatique à la voix de ces Maîtres en prêt à penser qui dictent les règles de la « bonne communication ». Si la dialectique matérialiste et libertaire s’évalue par la socioconstruction et les démarches émancipées, la « bonne communication » est un leurre qui évite tous les conflits qui pourrait évoluer vers une socioconstruction et un mouvement collectif émancipé et solidaire. Enfin, les rapports se tarissent à la source par l’espèce de ratât idéologique et communicationnel contemporain qui psychologise la communication humaine dans une animalité intellectualisée, mi robotique mi humaine, de jugements sexualisés ou puritains abstraits sur la personne afin d’éviter un rapport d’humain à humain concret et sain qui acceptent la contradiction et le conflit pour évoluer vers des liens d’amitié et de fraternité. Il est folie de croire qu’il est doux de survivre en se prétendant fou. Le fou souffre et les agents du corps médical ignorent souvent sa souffrance. La société a toujours rejeté les fous dans les marges des classifications psychiatriques ou sur des emplois aidés. Si quelques artistes glorieux furent fous. Ils furent traités de leur vivant en fous et exclus. Les artistes hors normes qui produisent un art original sont souvent dénigrés ou mis dans les cases étroites de l’art brut. Le fou possède un rêve pour demain. Le fou est un poète des lendemains qui chantent ou un faible d’esprit gentillet. Les fous qui s’affichent dans le spectacle politique marchand sont, ainsi que l’a dit André Breton, des mégalomanes qui ne seront guère enfermés dans l’Asile car la soumission à l’autorité intériorisée du plus grand nombre adore les tyrans, les tribuns, les stars et les patriarches autoritaires, manipulateurs et mégalomanes. Mêmes, si ce sont eux les vrais fous qui font souffrir et qui sont dangereux. La petite folie est une autorité sur soi et une auto-discipline quotidiennes de bon sens populaire et de commune décence libre et civilisée qui respecte l’Autre et qui fuit l’autoritarisme dans une créativité originale et anticonformiste de bon aloi ainsi que dans la critique sociale et anti-technologique.

Actuellement, une majorité d’individus est camée aux médicaments psychotropes en Europe et sur le continent nord américain ainsi qu’au Japon. Bientôt, tous les continents vont être concernés par cette submersion de drogues légales ou illégales. L’industrie pharmaceutique et les barons de la drogue avec le consentement "éclairé" des politiques affutent leurs armes de marketing publicitaire et chargent leurs "mules afin de fournir aux jeunes générations, et d’ailleurs aux moins jeunes, les stupéfiants de demain qui vont scotcher une majorité devant leurs écrans et la plupart va sombrer dans la bêtise du nihilisme et du désespoir ainsi que de la folie. La technique pharmaceutique aura permis de violer les consciences et de faire de tout un chacun un consommateur hagard, tel un mouton perdu à lui-même, dans la société de masse et courant vers la chapelle de l’abattoir du dieu argent, ivre et étourdi d’images et de perte de soi. Ainsi, la dépression qui est la maladie mentale la plus pratiquée en Occident, de nos jours, est une blessure narcissique négative que subissent les individus dans une très haute solitude isolée sadomasochiste d’automutilation psychique et sociale. Cette dépression est le symptôme d’un rejet inconscient consenti et subi, par l’être, de la vacuité de la course à la réussite professionnelle et aux avantages afférents à l’esclavage salarié. Qu’ils soient de l’ordre absurde de l’accumulation d’objets technologiques ou qu’ils soient de l’ordre ridicule et séparé de la consommation de loisirs en toc ou qu’ils soient de l’ordre préconisé de la soumission à l’emploi et à ses démonstrations de pseudo motivations. L’individu s’en sort remotivé pour jouer le jeu et collaborer à ce système et à sa perpétuation, dopé par les médicaments pharmaceutiques, dans la majorité des cas avec un vague souvenir de rébellion inaccomplie ou par un constructivisme de critique sociale et de créativité artistique dont il assume le pied de nez à nos maîtres. Pour la médecine du travail se pliant aux ordres des employeurs qu’importe les addictions. Les uns et les autres doivent se plier au joug du turbin et de la reproduction des soumissions. L’émancipation humaine mérite un autre calcul des soins. Ainsi, si la souffrance psychique peut être régulé par des médicaments prescris avec tact et mesure ; combien d’êtres humains sont soignés à l’emporte-pièces par une médecine commerciale béhavioriste à œillères ?

50% d’inné, 50% d’acquis, voici la destinée de l’être humain en société et c’est encore heureux comme ça car certains docteurs Diafoirus Folamour voudraient faire de nous des abeilles dans uns ruche ou des termites ou des fourmis peuplant une planète terrestre. Cet aboutissement ou cette régression auraient fait de l’humain un être ne pouvant plus évoluer, s’améliorer et transformer la monde , la société et lui-même en ayant atteint une sorte de fin de l’Histoire et de l’Humanité. Toutefois, face aux ténèbres de l’épisode de la maladie mentale, l’industrie pharmaceutique et les trafiques légaux ou illégaux proposent la camisole chimique à vie expérimentale. Que ce soit le Cannabis Indica ou le Prozac etc. , les gens se droguent, l’Etat se renforce. Ainsi hommes femmes, enfants, personnes âgées ne peuvent guère s’émanciper et construire des projets émancipateurs ; juste survivre niais, kif, béat, auto satisfait, heureux ou malheureux car baignant dans un bonheur insoutenable qui n’est pas représentable à la conscience autonome, libre, responsable.

Septembre 2010