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Stiegler and Co suite

Un certain art contemporain

Ode à la forme et au sensible

Du Jourdain au Kongo et du Congo à Notre-Dame de Paname à Courroux sur l’île de Guyane

Note de lecture à propos de Bernard Stiegler

Ha : Ha ! Vous vous dîtes donc télépathe ?

En ligne, en rang, en joue ?

Lettre poème en prose

Les Véritables Vœux de l’affront national

Communiqués officiels de la Conférence du 421 climatique

il n’y a plus rien.....

Le pilotage d’un drone militaire : destruction virtuelle ou crime légal off-shore.

La Querelle des Modernes et des modernes

PRÉLIMINAIRES de Miguel Amoros

Effort et Destin ou L’homme propose, le Ciel dispose

Florilège de Bertrand Russell

carré blanc et boules blanches

De l’illettrisme

Florilège de Walter Benjamin

ZZZ jeu surréaliste

Communautés 68 et après !

Que l’humour est-il devenu ?

Folie ou non-folie

Poème numéro 1

Poème numéro 2

Mesdames, Messieurs les législateurs...

Du Jourdain au Kongo et du Congo à Notre-Dame de Paname à Courroux sur l’île de Guyane

Du Jourdain au Kongo et du Congo à Notre-Dame de Paname à Courroux sur l’île de Guyane

Au cours d’un périple sorcier Groucho freudo-marxiste hérétique, ma sculpture m’a amené à étudier l’iconographie humaniste moderne et traditionnelle de la sculpture en ronde-bosse et à réinterpréter positivement avec patience les théories ethno-anthropologiques sur les masques et les totems. J’en ai déduit qu’un bon détournement peut exacerber la réflexion d’autoanalyse et un désenvoutement de la pensée magique conditionnée et psychotique servie avec la survie en milieu ordinaire capitaliste.

En effet, la réification des rapports humains produit par la société de consommation fait que le producteur est alternativement chômeur assisté désœuvré, travailleur aliéné, touriste besogneux poseur. Ainsi, à courir entre le métro, le boulot, le dodo, la techno, le bistrot, l’asso, le poste de dirlo ; chacun reste dans l’illusion de satisfaire ses désirs. Désirs qui ne sont en fait que des images spectaculaires marchandes virtuelles et fantasmatiques de l’acceptation de l’ordre établi des choses. Il est ordonné insidieusement de se conformer à la représentation incorporée de la propagande hypnotique des médias mercantiles. Toutefois, des parades existent, autre part que dans les rôles préfabriqués de la culture technoscientifique commerciale durable. Ainsi, prendre soin de soi en harmonie avec une estime des autres autorise une recherche de rapports justes, tolérants, non-autoritaires. Cette recherche dépasse les prescriptions idéologiques du prêt-à-penser politique autoritaire contemporain. Cela forge une personnalité autonome et indépendante dans le magma globalisé de l’éducation à l’instinct grégaire consumériste qui ne trouve que de fausses sorties dans la condamnation des individualistes (individualistes = malheurs de nos sociétés disent les Elus de l’Elite) et dans l’adhésion aux propos et rituels des bonimenteurs dominants.

De ce fait, la pratique des arts manuels est une dérobade qui favorise la création et l’autodidaxie. Là, la main et l’outil ne mentent pas et ne se mentent pas, et de plus, accomplissent des tâches dont on perçoit le début et la fin. La matière confronte à la pensée abstraite associée au concret du travail à accomplir. Le sensible y prend une dimension poétique, sensorielle et matérialiste dialectique. La mode est à la pensée magique et à la croyance en la télépathie. Alors que le sensible se déroule dans le cadre d’une œuvre accomplie avec un effort mesuré, persévérant, épanouissant, quotidien qui accumule plus que le Capital et la misérable course à l’échalote du sexe, de l’argent, du pouvoir. Le travailleur, à l’heure actuelle, se doit de privilégier l’idéologie abstraite prométhéenne (qui élude les questionnements des moyens et finalités) dans l’accomplissement de tâches bureautiques et informatiques et managériales, la majorité du temps de travail. Cela, au détriment du perfectionnement des fonctions manuelles en tenant un bon outil appliqué à la matière brute. Est-ce si salissant, ingrat, fatiguant de travailler avec sa main comme outil ou en unité avec un outil ?

Les sculpteurs africains du 15ème au 19ème siècles ont réalisé des œuvres religieuses en détournant les représentations proposées par les missionnaires chrétiens. Il y a chez moi, une référence aux arts premiers ; mais je taille des bois européens et m’inspire d’un large horizon culturel artistique des cinq continents. Ma source de créativité ne copie pas les rondes bosses existantes car elle est le produit des études de mon imagination et de mon observation symbolique. Bien sûr, l’objet manuel présente des imperfections qui ajoute un charme esthétique, un hasard objectif et cultive les liens interpersonnels et les sensations humaines dans le projet renouvelé d’exposer le travail terminé.

« Au-delà de toute question d’ancien et de nouveau la main de l’homme est l’outil de sa pensée, tandis que la machine, si neuve soit-elle, se démode toujours. » Soetsu Yanagi.

Paris, janvier 2017.