Je me nomme Michel Caubel et suis né en 1954 à Montpellier.

Le bonhomme est un facteur de masques et de totems socio-construits à partir des rebuts du macadam urbain et des déchets techno-industriels que la ville et les hommes produisent.

Je cherche à exorciser la banalité de la vie ordinaire et à réenchanter la critique de la vie quotidienne par un chamanisme occidental et une relation matérialiste poétique au Monde.

J’aime la beauté des gestes et des mouvements ouvriers, même si je les pratique avec une dose de hasard calculé et une imperfection que je voudrais esthétique. Je confectionne des masques d’un théâtre personnel, qui se joue sur scène et dans l’imaginaire de chacun, avec des objets et des matériaux de récupération. Mes totems sont des projections dans la réalité afin de dépasser et d’interpeller le réel, l’imaginaire et le symbolique de mes bobos si douloureux et auxquels je suis tant habitué afin de faire œuvre d’art de ma vie.

Mes mains ont une dimension réaliste dans mon imaginaire afin de comprendre la matière et les outils.Je me proclame sculpteur d’art des brutes tendres, amoureuses du genre humain. J’utilise le crayon gras ou tendre, la scie égoïne égoïste ; la scie japonaise qui recule quand j’enculcule mon bout de bois ; la salope de varlope ; le rabot de sabot de sabbat et de sabotage ; la hache des Jeannettes toujours prêtes ; le marteau des marteaux et des dingos ; la tenaille qui me prend au ventre ; le foret manuel, la pince et le tournevice que j’ai pour toi mon amour… Le fermoir, la gouge et le maillet qui t’ébauchent une taille fine et un beau rire de fille.

Je crois dans le hasard dans l’esthétique et dans la magie dans la simplicité des choses éphémères et imparfaites.

Je suis un rassembleur de bidules qui trouvent sens et mise en expression dans l’exorcisme de « la banalité du mal » des visages et des corps qui m’entourent et qui s’enfuient dans des fêtes et des réunions d’un meilleur ailleurs meilleur et d’une meilleure supposée compagnie, pour être activiste de "pierre qui roule n’amasse pas mousse". Sans doute du fait de vouloir voler un peu de petits plaisirs face à la finance morbide et à nos soumissions involontaires et contraignantes. S’étourdir peut-être... , car nos crises ne sont pas seulement idéologiques, économiques, environnementales, psychiques, culturelles mais essentiellement de la civilisation humaine. Est-ce s’aimer ? Je m’entête à penser que vivre en harmonie avec les autres est une quête du bonheur et de la sérénité sans cesse renouvelée.

Ma conception des masques et des totems s’élabore à partir de trouvailles : d’une part, la pièce de bois de support que je scie, lime, perfore, sculpte ; et d’autre part, ma récupération sur le macadam urbain, les sorties de garage, les poubelles à papier, métaux et plastique. De tout cela, j’assemble et cloue mes bouts de ficelle, clous, vis, écrous, capsules, boutons, etc. afin de donner visage avec yeux, nez, bouche, oreilles, cheveux à l’emplacement calculé de cette face de carême et de farce qu’est chaque masque. L’ouverture des yeux pour voir et du nez pour respirer permettent de lui donner souffle de vie et d’être joué sur une scène de théâtre. Mes totems sont conçus dans un demi éveil aux songes de ma conscience avec des planches, des voliges, des os, des peaux animales ainsi que des clous de charpentier et tous les métaux, bouts de corde, rondelles de plastique que la ville et les êtres jettent à la décharge des déchets et des qualités.

Ma facture se veut basée sur l’Umour c’est-à-dire l’union de l’amour et de l’humour.

Mes expériences professionnelles et artistiques sont toujours passionnelles et raisonnées. Le char qui me transporte est une métaphore où je suis un aurige bancal, borgne, bossu, et en même temps un être se guidant avec autonomie et responsabilité, en harmonie du corps et de l’esprit, dans un monde social, économique et culturel qui sépare, malheureusement, le travail manuel du travail intellectuel. De fait, je fus lithographe, postier, podologue, instituteur d’adultes ; toujours enclin à développer une création artistique en amateur d’art, mais avec un souci pratique du bien-faire, bien-dire, bien penser, tendant à agir de mes mains en accord avec mon esprit. Compagnon des artisans et des artistes, et moi-même artiste exposant dans des bistrots et des galeries : Biennale Hors-Normes Lyon octobre 2015 ; (GEM Artame gallery 2011, 2012, 2014,, 2015) brasseries : Les cercles bleus 2009, le petit Reuilly 2008).

Contacter Michel Caubel: mic@theatredemasquesmagique.fr
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